Quelle épaisseur de double vitrage choisir ?
L'essentiel
L'épaisseur d'un double vitrage se lit dans sa composition, par exemple 4/16/4 : un verre de quatre millimètres, une lame de seize millimètres, un second verre de quatre. Ce n'est pas l'épaisseur du verre qui isole, mais la lame, le gaz qui la remplit et la couche faiblement émissive. Le bon choix est donc celui que la feuillure de votre fenêtre peut recevoir, avec ces trois éléments.
Lire une composition de double vitrage : 4/16/4, 4/20/4, 44.2/16/4
Une composition se lit de l'extérieur vers l'intérieur, en millimètres. Dans un 4/16/4, le premier chiffre est le verre extérieur, le deuxième la lame entre les verres, le troisième le verre intérieur. L'épaisseur totale, ici vingt-quatre millimètres, est celle que la feuillure du châssis doit pouvoir loger.
Quand un verre feuilleté entre dans la composition, sa notation remplace l'un des chiffres. Un 44.2/16/4 associe un feuilleté de deux verres de quatre millimètres et deux films, une lame de seize millimètres et un verre de quatre. La page sur les types de vitrage détaille ces notations.
Sur un vitrage en place, la composition est souvent imprimée sur l'intercalaire, la baguette métallique ou plastique visible entre les deux verres. C'est le premier endroit à regarder avant de commander un remplacement.
Ce qui isole vraiment : la lame, le gaz et la couche faiblement émissive
Le verre lui-même isole très peu. C'est la lame enfermée entre les deux verres qui freine le passage de la chaleur. Jusqu'à une certaine largeur, une lame plus large isole mieux ; au-delà, l'air ou le gaz se met à circuler à l'intérieur et le gain disparaît.
Deux éléments font ensuite la différence, et ils ne se voient pas dans les chiffres de la composition. Le gaz argon, plus isolant que l'air, remplit la lame des vitrages récents. Une couche faiblement émissive, invisible, déposée sur une face intérieure, renvoie la chaleur vers la pièce.
La performance se mesure avec le coefficient Ug, qui concerne le vitrage seul : plus il est bas, mieux le vitrage isole. Un devis sérieux indique la composition, le gaz, la présence de la couche et ce coefficient.
- La largeur de la lame, dans la limite de ce que la feuillure accepte
- Le gaz de remplissage, air ou argon
- La couche faiblement émissive et la face qui la porte
- L'intercalaire, métallique ou à bord chaud, qui limite la condensation en rive
L'épaisseur d'un double vitrage des années 1980, 1990 ou 2000
Les premiers doubles vitrages posés en masse avaient le plus souvent des lames étroites, remplies d'air, sans couche faiblement émissive. La fiche pratique de la Région Bretagne sur le vitrage performant donne un Ug de 3 pour un double vitrage 4/12/4 classique, et de 1,5 pour un 4/16/4 à isolation renforcée rempli d'argon.
Un double vitrage des années 1980 ou 1990 n'est donc pas forcément à bout de souffle, mais il isole nettement moins qu'un vitrage récent de même épaisseur. Le changer pour un vitrage à lame argon et couche faiblement émissive, dans le même châssis, améliore l'isolation sans toucher à la menuiserie.
Une buée entre les deux verres signale en revanche un joint d'étanchéité qui a cédé : la condensation entre deux vitres ne se répare pas, le vitrage se remplace.
Choisir l'épaisseur selon la feuillure de la fenêtre
En rénovation, la fenêtre existante décide. La feuillure, c'est-à-dire le logement du vitrage dans le châssis, a une profondeur fixe. Un vitrage plus épais qu'elle ne peut pas être posé sans changer les parcloses, et parfois la menuiserie.
Dans une feuillure prévue pour un vitrage de vingt-quatre millimètres, un 4/16/4 à l'argon avec couche faiblement émissive est généralement le meilleur compromis. Une feuillure plus profonde laisse la place à un verre feuilleté, pour la sécurité, ou à des verres d'épaisseurs différentes contre le bruit.
Pour réduire le bruit, d'ailleurs, ce n'est pas la largeur de la lame qui compte le plus mais l'écart d'épaisseur entre les deux verres : le guide quel vitrage pour réduire le bruit l'explique en détail.
Un vitrage plus épais isole-t-il toujours mieux ?
Non. Un 4/20/4 rempli d'air peut isoler moins bien qu'un 4/16/4 à l'argon avec couche faiblement émissive. Épaissir les verres, de leur côté, n'apporte presque rien à l'isolation thermique : cela sert la sécurité, la tenue des grandes dimensions ou l'acoustique.
Le triple vitrage, qui ajoute un verre et une seconde lame, va plus loin en isolation mais demande une feuillure bien plus profonde. Le comparatif double ou triple vitrage aide à savoir s'il a sa place chez vous.
Ce qui compte vraiment dans l'épaisseur d'un double vitrage
Ces points résument ce qu'il faut regarder sur un devis ou sur un vitrage déjà posé.
- Une composition se lit de l'extérieur vers l'intérieur : verre, lame, verre.
- C'est la lame, le gaz argon et la couche faiblement émissive qui isolent, pas l'épaisseur du verre.
- Le coefficient Ug compare deux vitrages : plus il est bas, mieux le vitrage isole.
- En rénovation, l'épaisseur maximale est fixée par la profondeur de la feuillure.
- Un double vitrage ancien se remplace souvent dans le même châssis.
Épaisseur du double vitrage : les questions avant de remplacer
Ces réponses aident à comparer deux devis et à savoir ce que votre fenêtre peut recevoir.
Quelle est l'épaisseur standard d'un double vitrage ?
Comment connaître la composition de mon double vitrage ?
Peut-on mettre un double vitrage plus épais dans la même fenêtre ?
Un 4/20/4 est-il meilleur qu'un 4/16/4 ?
Faut-il changer un double vitrage des années 1980 ?
Les documents de référence sur la performance des vitrages
Les valeurs et les notions de cet article s'appuient sur les documents ci-dessous.
- Région Bretagne, fiche pratique 23 : Vitrage performant
- NF EN 673, verre dans la construction : détermination du coefficient de transmission thermique U
- NF EN 14351-1, fenêtres et portes : norme de produit et caractéristiques de performance
Faire établir un devis
Les cotes se relèvent sur la feuillure, pas sur l'ancien verre : c'est ce qui évite un vitrage à refaire.